Second jour de pèlerinage pour grand-père Ewen. Je me sens en forme, comparé à vendredi. Un peu de consumérisme dans le Metal Market avant de rejoindre la première scène. J’aime observer le tatoué, vêtu de noir, regard ténébreux, surtout lorsqu’il dégaine sa carte bancaire, quand ce n’est pas le smartphone ou la montre connectée pour régler ses emplettes. Le décalage, le fameux décalage, ah ah ah ! Quelle formidable société nous avons bâti !
- VOIVOD -
Simplement le bonheur sur Terre ! VOIVOD c’est la vie ! C’est bordéliquement joyeux ! Par contre, je regrette l’absence de la chanson Killing Technology, surtout à l’ère du téléphone intelligent à tout moment, tout heure, tout lieu. Ca aurait eu de la gueule de balancer ce titre, ah ah ah ! Je vous aime !
- AIRBOURNE -
Je contextualise l’instant : 1) j’ai deux heures de vide entre VOIVOD et JUDAS PRIEST ; 2) je suis fan et auditeur de Hard Rock sous toutes ses coutures depuis plus de vingt ans (les anciens de CrossRocks, RockMeeting, Metal Integral et RockReport le confirmeront) 3) si je ne suis pas le plus friand de Hard Rock qualifié de binaire, j’admets que je ne refuse pas un AC/DC ère Bon Scott ou un KIX de temps à autre.
Bêtement (j’insiste sur cet adverbe) je me suis rendu au concert d’AIRBOURNE et… putain de merde !, qui l’eut cru ?!? Si l’on conchie facilement sur le genre Hard Rock, je constate qu’on se masse devant un groupe de Hard Rock. Cherchez l’erreur ! Bon, AIRBOURNE étant la copie carbone en plus jeune d’AC/DC, je ne vais pas m’étonner plus longtemps. Il est d’ailleurs loin l’époque où ces groupes-là étaient désignés comme la relève. De l’eau à couler sous les ponts entre temps.
AIRBOURNE en concert, j’estime que c’est récréatif bien que dispensable. Je les trouve un brin lassant sur la durée. Les chansons s’enchaînent, sans grande variété, ce qui est bien entendu logique vu le registre joué. Le chanteur n’a eu de cesse de répéter « nous sommes en tournée avec nos copains de JUDAS PRIEST, foncez assister à leur concert ! ». C’est touchant comme solidarité, néanmoins je pense que transmettre une fois l’information suffisait amplement. Là, dans l’idée, ça frôlait la première partie d’une soirée concert alors qu’AIRBOURNE était en F-E-S-T-I-V-A-L ! Je me fous de qui il y a eu avant ou après, j’ai le programme !
Dernière ronchonnade (*) pour un AIRBOURNE que je ne souhaitais initialement pas voir : à l’attention de quelques nouilles dans le public, je vous rappelle que vous n’êtes pas seuls. Déjà que nous sommes tassés comme des sardines, je trouve inutile d’agir comme s’il n’y avait pas de foule autour de vous. Les commentateurs permanents (vous êtes enthousiastes, je vous l’accorde!), par exemple. Les amoureux qui s’oublient (vous êtes mignons, je vous l’accorde!), autre exemple. Les passionnés de flatulences (comme le pipi dans la piscine, ça se sent.), dernier exemple.
(*) le breton de Centre Ouest Bretagne est par définition ronchon, râleur et aussi accueillant, solidaire.
- JUDAS PRIEST -
Je campe une heure, proche de la scène Dave Mustage. Ca m’évite plus tard des désagréments pour accéder au lieu. VADER se produit, la scène d’à-côté. J’écoute d’une oreille distraite. Ce n’est pas ma came, mais ça reste un fond sonore comme un autre.
21h30, je me positionne le plus favorablement possible. 21H40, dès l’entame, c’est déluge de classiques ! Putain, en parfaite groupie, je mouille ma p’tite culotte ! Oui, je reconnais que le Rob miaule rauque comme un vieux matou suffisamment en forme pour courir encore les jeunes chattes. Il module sa voix pour ne pas apparaître poussif ou dépassé, bien que j’observe quelques artifices vocaux pour le soulager. Un ami m’avait, avant le spectacle, souligné qu’il « faisait son âge ». A 74 ans, je n’attends pas de lui la même fougue que de jeunes loups. J’ai noté quelques légers ratés, essoufflements d’ailleurs habilement masqués par des entractes. C’est intelligent de leur part et démontre une capacité d’endurance remarquable pour des anciens du Metal.
La seconde phase du concert, à mon avis, fut le ventre mou. Ventre mou car le public était moins réactif. Je situe cette phase lors des morceaux Steeler, Delivering The Goods, Panic Attack, Victim Of Changes et Halls Of Vahalla. Honnêtement, ça m’a permis de souffler un peu.
Et le final sur les chapeaux de roues : Painkiller m’a réveillé ! Electric Eye, quel pied de l’entendre live ! Hell Bent For Leather, pas mon préféré de leur discographie. Et le judicieusement placé Living After Midnight à quelques minutes de minuit !
J’ai adoré l’entièreté du concert, j’éprouve une profonde gratitude pour eux. Comme à chaque Motocultor désormais, j’ai LE groupe à absolument voir. Ici, JUDAS PRIEST, mon préféré des trois légendes du Heavy Metal britanniques qu’ils forment avec BLACK SABBATH et IRON MAIDEN ! C’est acéré, aérien, mélodique, bref tout ce que j’aime dans le Metal !
- BONUS -
La photographie sur téléphone, c’est pratique, sauf dans une foule. A cause des mouvements engendrés par cette dernière, je me galère à prendre des clichés corrects. La lumière n’aide pas non-plus. Et j’admets éviter d’emmerder trop mes voisins de gauche, droite et d’arrière. C’est au petit bonheur la chance. Je retouche les photographies sobrement et manuellement. Ca reste du travail d’amateur.
Au sujet des mes comptes-rendus : mes avis sont des non-événements, un vécu d’un simple mortel. Vos avis comptent tout autant que les miens. Nos désaccords existent. Je ne valide pas la croyance « le Metal est une grande famille, blablabla » car dans chaque famille, il y a des tensions, des toxicités, des traumatismes, des non-dits, etc. Et plus les valeurs d’une famille sont fortes, plus il y aura potentiellement de la casse ! Chacun est à sa place, même les plus mal lotis, au sein de l’univers.
Ce compte-rendu de concerts est originellement publié sur HardLoudNDeep et partagé sur RockMeeting.com et MetalEternel.fr
Ce compte-rendu de concerts est originellement publié sur HardLoudNDeep et partagé sur RockMeeting.com et MetalEternel.fr
